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dimanche 3 avril 2016

Réparation et taille dans l'allée des roses

L'année dernière, en juin, j'avais nettoyé fortement le nord de l'allée des roses.

Cliquez sur les photos pour les voir en grand.

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Il est temps d'intervenir !

Pendant l'hiver la pergola d'entrée au sud de cette allée s'est écroulée.

Mais les grands rosiers lianes pèsent fort lourd, que ce soit notre ami Albéric ou les deux vierges martyres.

Donc, au bout de quelques années, tout commence à fléchir, le bois, même s'il a été traité, s'abime lui aussi. Il faut donc réparer.

Janvier 2004, pergola neuve


Nous l'avions construite en 2004, elle a tenu 10 ans.

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démontage

On enlève 80% des rosiers (comme d'habitude quand je nettoie un liane), et toute la pergola. Comme on est presque au printemps, il ne faut pas compter sur des fleurs cette année, mais peu nous chaut.

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dégagé !

 

Dégageons tout, ensuite on verra bien ce que ça deviendra.
Mais nous ne reconstruisons pas la pergola, un espace vide semble plus intéressant, en tous cas ça apporte un changement, une clarté qui manquait : les pergolas sont souvent trop obscures. Le rosier immédiatement à gauche sur cette photo est un grimpant peu vigoureux, il suffit de le palisser vaguement contre le pilier. celui du fond à gauche est un grand liane, on le conduira sur le début de l'allée, il devrait faire une belle bordure fleurie en mai (c'est Albertine en plus ! splendide rosier).

 

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Félicité et Perpétue

 

Nous coupons toutes les branches mortes, malingres, trop grandes des deux grands lianes.
ça fait quelques remorques de déchets !

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Albéric Barbier

Nous allons conduire ces deux lianes en arbre, le long d'un support vertical encore à déterminer.

C'est pour cela que nous laissons les supports métallique, (en plus les arracher à la masse, comme vous le voyez, j'ai essayé... Laisse béton, c'est quasiment le cas de le dire.

Comme on le voit sur les deux photos, nous laissons très peu de lianes, mais c'est bien suffisant, ces rosiers sont très très vigoureux.

 

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Enroulement
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L'idée de Martine est de remplir les pieds métalliques avec des bambous du jardin, comme support pour les lianes.

Pas bête, hein ? les bambous ce n'est pas ça qui manque dans le jardin, les changer prendra encore moins de temps que de démonter une pergola.

Puis on enroule les quelques lianes qui restent tout autour, afin que par la suite ça fasse comme un parapluie.

 

jeudi 10 octobre 2013

L'est du jardin : de l'utilisation des bambous dans le Lauragais

dans un coin du jardin, on fait un truc un peu japonisant, juste un peu. Disons qu'on s'est emparé de techniques japonaises pour les adapter à notre courage et au climat du Lauragais ... , aucun rapport avec un quelconque "jardin zen"

clic sur chaque image pour la voir en grand sur le site

la source

Plein Nord-est du terrain, on a une source captée, d'où part une pente légère plein sud. Pour ceux qui nous connaissent, ce fut l'une des raisons majeures, sinon LA raison, de notre achat. source évidement, il fallait un peu d'imagination, puisqu'on est parti d'un pauvre petit bâtiment perdu dans les milliers de repousses de figuiers et de pruniers qui avaient envahi le terrain. Donc le premier mois, j'ai passé quelques heures à tout araser avec une grosse débroussailleuse.

C'est vers 1991/2, donc plus de 5 ans après notre arrivée, qu'on a commencé à faire un bassin, un mur de soutènement et introduire les premiers bambous, Phylostachis nigra, qui vont peu à peu entourer la source (et au bout de 20 ans devenir trop envahissants, il faudra alors leur expliquer très fermement les limites à ne pas dépasser, mais c'est une autre histoire).

La source elle-même est entourée de nigra, taillés tous les ans :

nigra

La taille que nous pratiquons consiste à enlever toutes les cannes malingres, en diagonale, trop serrées ; en gros tout ce qui gêne la transparence indispensable à un beau bouquet de bambous noirs. De la même manière, nous épluchons les chaumes restant sur un peu plus d'un mètre.

les bassins

De cette source partent 3 bassins peuplés de différentes bestioles plus ou moins bruyantes (les Koï sont assez silencieuses, pas les grenouilles).
Ces bassins sont séparés du reste du jardin par un gros bouquet de Sasa palmata que je ratiboise tous les deux ou trois ans, afin qu'ils ne forment pas une masse totalement impénétrable et fort moche.
D'autant que ce bambou supporte difficilement le vent d'autant qui transforme ses palmes en dentelle, il est mieux de supprimer celles qui ont quelques années.


Au pied du dernier bassin, un conifère (Taxus baccata "Repens Aurea") qu'on commence à tailler en nuage.
Bien sûr, la taille en nuage n'est absolument pas japonaise, c'est une taille européenne, et elle n'a que de lointains rapports avec le vrai niwaki japonais.

la rivière sèche

On a fait descendre de là une rivière sèche commençant par Pleioblastus shibuyanus 'Tsuboi' vigoureux bambou, pas si nain que ça,
elle est faite de Miscanthus sinensis (trois sortes, "Gracillimus", "Adagio" et "Variegatus") avec un petit pont.
L'idée est d'avoir un pont qui permet de traverser la rivière couverte de grande graminées qui oscillent au vent, vu que ce n'est pas ça qui manque ici.

Martine a écrit un article sur la conception de cette rivière, il est intéressant : clic ici

évidemment, il faut laisser aux graminées le temps de pousser, rien ne va vite ici, mais on a le temps.

La pente s'incurve plus fort, alors on a mis un bambou supposé géant (Phylostachis bambusoides "Castillonis") qui a un peu de mal vu l'hygrométrie locale au moment où il essaye de pousser... ça tombe bien, en fait, car s'il était aussi envahissant et gigantesque qu'à Anduze (citation : "Les conditions optimales de sol et de climat lui permettent d’atteindre ici sa plus grande hauteur (20 m)"), il faudrait le détruire !
ah oui, à droite, c'est Pseudosasa le fameux bambou à flèches des japonais (parce qu'il n'a pas de nœud dépassant physiquement et que sa tige est bien pleine), planté sur la "berge" de la rivière.
Il était accompagné de conifères, des cryptomères, mais ces derniers n'ont pas supporté le climat, ce sont des arbres de montagne humide, c'est comme ça qu'on apprend ! (même ceux situé tout en haut contre la source, un bandai sugi et un Araucaroides ont fini par mourir).

La barrière sud

Enfin, tout au sud, pour protéger le jardin du vent d'autan, une barrière de Phyllostachys viridi-glaucescens
Vers 1990, on avait planté au sud trois pieds, un humilis, un virid-glaucescens et un Pseudosasa.
Le viridi n'a pas tardé à vouloir prendre toute la place, on a déplacé l'humilis au nord ouest vers l'entrée du jardin, et le bambou à flèche est remonté un peu plus au nord (en 2013, je constate qu'il en reste 2 ou trois chaumes noyés dans le viridi).

Particulièrement vigoureuse (8 mètres de haut facile), cette barrière est très efficace contre les tempêtes locale.
Elle plie mais ne rompt point, même s'il faut quand même couper certains chaumes qui refusent de se relever.

Nous nous sommes amusés à faire un petit chemin dans cette forêt de bambou :

chemin dans les bambous

Vous pouvez consulter aussi l'ensemble de photos que j'ai publié pour expliquer la taille des différents bambous en cliquant ici

samedi 19 janvier 2013

Est-il nécessaire de jardiner?

Parfois je me demande ce que seraient devenus nos 8000 m2 si je ne les avais pas jardinés.
Le paysage est presque partout façonné par l'activité des hommes et des animaux.
En Lozère, mes paysages de prédilection que sont les Causses ont évolué au cours du temps. Il y a maintenant des forêts de pins plantés qui remplacent la nudité du Causse, ses chardons et ses cheveux d'ange. Ils se ressèment, voisinent avec le buis et créent des forêts. De temps en temps le feu se charge de modifier à nouveau le paysage.
Les vrais paysages entièrement sauvages existent-ils ? Pas sûr.

En dessous de chez nous dans une friche existant depuis plus de 25 ans, il y a eu peu d'interventions humaines, les seuls passages sont ceux des chasseurs, des animaux et les miens car ce lieu n'est plus relié à aucun chemin.
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Le bas fond humide en permanence à notre arrivée et même marécageux, s'est asséché peu à peu et a vu disparaître les joncs et une rare orchidée pourpre remplacés par de jeunes frênes, des saules, des fusains, des cornouillers et des aulnes impénétrables dans ce terrain resté frais. Le vent et les oiseaux selon le cas se chargent des semis.
La partie coteau ensoleillée est restée assez nue avec des graminées, quelques rares plantes courtes avec des cornouillers et des prunelliers rudes et râblés pour résister au soleil et au vent d’autan auxquels ils sont exposés.

Sur notre terrain il est probable qu'on aurait eu le même genre de choses: à notre arrivée, ronciers, pruniers et prunelliers impénétrables autour des points d'eau inaccessibles, une source au nord est et une mare au sud ouest, tout le reste en prairie fauchée une fois par an où c'était possible.
Étant donné la pauvreté botanique des environs, je suis bien contente d'avoir pris ça en main et d'avoir créé mon propre paysage, en tenant de plus en plus compte au fil du temps des conditions nécessaires à chaque plante: ensoleillement, hygrométrie, résistance au vent, à la sécheresse, au calcaire, à l'argile.
Et finalement, c'est un nouveau paysage qui se dessine que je jardine de moins en moins. Une fois que sont bien installées les plantes choisies, d'autres arrivent seules en profitant de l'ombre, de la protection nouvelle offerte, les oiseaux se perchent et sèment de nouvelles graines, les abeilles butinent et toute une vie de plus en plus riche et autonome s'installe.

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Je crée de nouveau massifs quand l'hiver très rude ou un été particulièrement secs libèrent de la place, il faut bien que j'aie encore de la place pour planter parce que j'aime ça, les potées à renouveler ne me suffisent pas, mais sinon je me contente d'observer, de nettoyer un peu au printemps, de moins en moins à l'automne car c'est trop sec, et de tondre.
Il n'y a qu'Hubert qui a plus de travail car la taille s'impose maintenant pour éviter la jungle impénétrable. Topiaires, reprise des haies, maintien des petits chemins, voila ce qui maintenant prend plus de temps !
Pour le reste ce sont les plantes elle même qui dessinent les bords de massif qui sont passés d'une forme dessinée par nous à une forme dessinée par les plantes elle mêmes.

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Entre le jardin sauvage, naturel, fouillis, laissé volontairement à l'abandon et le jardin où le maître des lieux décide de la place du moindre brin d'herbe, j'aimerais que mon jardin idéal se tienne sur le fil à l'exacte place entre les deux, là où l'équilibre est instable, avec un paysage poétique, imaginatif et rempli de surprises.

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mercredi 11 avril 2012

Aménagement de pente : rocailles et escaliers d'En Galinou

Une question qui revient souvent, c'est : "comment faire pour ... adapter une pente, la tenir, créer un accès".

Fors de nos 300 mètres carrés d'entrainement dans le jardin d'En Galinou, voici ce que nous faisons.
Tout d'abord une idée du temps : 2 heures à deux par mètre carré en moyenne, depuis le désherbage jusqu’à la fin de la plantation.
(texte de référence sur nos rocailles : histoire : le départ du jardin)

rocaille grise On part d'une pente parfois herbeuse, qu'on ne peut dénuder sans que tout s'écroule quand il se mettra à pleuvoir. rocaille
la pente n'est pas très importante mais il y a d'autres coins où elle l'est beaucoup plus, il suffit alors de raccourcir les paliers.

Le principe est de faire un escalier : On commence par tout désherber. C'est déjà pas mal de boulot !
en bas de la pente, on fait un premier muret en entassant les pierres après avoir creusé sur 5/10 cm max. Ce creusement est destiné à deux choses :

  • Stabiliser le muret en créant une sorte de fondation comme pour un vrai mur
  • empêcher le chiendent de la pelouse de remonter facilement dans la future rocaille

Le muret lui-même n'est pas haut, disons 50 centimètres. Derrière lui, on remplit de terre jusqu'en haut pour faire une première marche plate, en cassant la pente en amont de ce muret. C'est pour ça qu'il ne faut pas monter le mur trop haut sinon la pression de la terre risquerait de le déstabiliser. On tasse plus ou moins horizontalement sur une distance telle que le second muret ne soit pas trop haut (sinon il ne tiendra pas, lui non plus, puisque la terre vient en appui).
Etc.

Image J'essaye d'éviter trop de régularité, quitte à mettre des pierres dans les paliers, si elles ne sont pas trop petites.

Image La marche peut être grande quand le terrain est peu pentu (notez que la rangée de pierre du bas est trop petite, le chiendent rentrera par la suite bien trop facilement)

 

les différences de construction selon la pente


à gauche, on voit bien les pierres qui servent à structure l'équilibre de la pente. Comme cette dernière est importante sans être trop verticale, j'ai pu créer un chemin en diagonale (par la suite ce chemin sera transformé en escalier, cf. le prochain article).

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Quand la pente est importante, les contre-marches (murets) en pierres sont plus hautes, les aplats sont plus courts, on commence à avoir de la vraie rocaille.


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On tasse, on arrose, on laisse sécher, on remet de la terre si besoin est, et on peut commencer les plantations. Si possible, il vaut mieux planter des annuelles au début, pour que la terre travaille, ensuite les plantes de rocaille.

jeudi 17 novembre 2011

De l'Utilisation des pierres du Lot à En Galinou

Depuis sans doute maintenant quelques 10 ans dans le jardin d'En Galinou, nous employons les pierres du Lot dans le jardin. On les fait venir par palette (en même temps que les fers à béton pour les rosiers, tiens, il faudrait bien que j'écrive aussi la dessus ? quoique il y a déjà ça sur le site lui-même .
pierre La terre de notre coin est très argileuse, quand on marche dessus, elle se tasse et fait des blocs. Dans les rocailles qui sont souvent en étage, on a commencé par mettre des pierres sur lesquelles on marchait. quelques dalles plates du Lot évitent de marcher n'importe où.

Dans les massifs, on a fait des chemins pierre dont l'entretien est assez facile avec les petites débroussailleuses rotofil. Lors de la création, le chemin fait artificiel, on n'en voit pas l'utilité, mais par la suite ... pierre

 

 

 

 

Le problème a commencé quand la multiplication des massifs a rendu plus que difficile la lutte contre les envahissement de mauvaises herbes, dont le chiendent.
Les plus vieux massifs, comme les plates-bandes du nord ne posent pas de problèmes, parce qu'ils sont grands : on délimitait la zone avec un tuyau souple, on traitait, on plantait et 15 ans après les arbustes étaient suffisamment grands pour se défendre seuls contre les herbes, quitte à passer de temps en temps la petite machine à nylon.

pierre pierre

 

 

 

 

 

 

Pour les nouveaux massifs entre la maison et la rocaille, c'est plus difficile. D'abord le terrain est un peu plus humide, et l'herbe y pousse mieux. pierre

Ensuite on veut que ces zones restent avec une majorité de vivaces, ce qui implique qu'on ne mette pas autant d'arbustes. Pas question de poser des pierres tout le long des bordures, non seulement on n'en a pas assez, mais comment passer la tondeuse ? L'idée de se procurer des dalles plates et de les aligner le long des bordures est ainsi venue à Martine.
Á la pioche, on dénude la terre, quitte à aller profond pour enlever les racines de chiendent. Puis on met des dalles comme ici le long des arbres miniatures de la rocaille grise. pierre

 

 

 

 

 

Notre critère de réussite, c'est d'abord que Martine puisse poser la roue de la tondeuse sur la bordure, et la suivre sans être obligée de manœuvrer. pierre

 

 

 

 

Le système est parfois poussé plus loin. Entre le coin Nord-Ouest de la maison et les massifs, il y a une zone enherbée qui fait comme un entonnoir vers le petit chemin d'entretien de la cabane à outil. pierre Les deux bordures de buis appellent une transformation plus formelle : pierre Les pierres sont complétées par les mêmes graviers que sur les terrasses. (et dessous on a mis un reste de plastique de piscine afin que le chiendent ne revienne pas immédiatement, vu la faible épaisseur du tout).

 

 

 

 

 

 

pierre Autour du nouveau (2011) massif qui contiendra des annuelles (sauge hominum) et des pivoines herbacées, on a mis de suite des pierres, sinon les annuelles n'ont aucune chances de se ressemer !