Histoire d'En Galinou

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vendredi 31 octobre 2014

La création d'En Galinou

Création du jardin

Nous n'avons pas acheté au hasard, mais après pas mal de temps de réflexion.
Au moins 6 mois de recherches de comparaisons et de remue-méninges.

L'horreur ?

Comme vous le voyez sur la photo, ce n'est pas la maison qui nous intéressait, même si nous voulions une vieille ferme et pas une maison neuve. Je me souviens de la tête de nos familles respectives quand nous nous sommes installés, ils nous trouvaient un peu fous et pas réalistes... Surtout que nous n'étions pas vraiment réputés pour notre courage (et notre compétence ?) au bricolage, alors que tout était à faire. TOUT.

Nous voulions un terrain intéressant. C'est quand même la raison majeure pour laquelle nous avions quitté Paris.
Intéressant ? ce terrain l'était, et Martine pensait bien qu'on arriverait à en faire quelque de bien (ce qui s'est avéré, non ?)

Voici ce qui nous a plu de prime abord

Ce qui nous a en fait tapé dans l’œil et qui allait constituer l'épine dorsale de nos travaux.
Tout d'abord une pente générale descendante du nord vers le sud, et un axe NE-SO constitué de quelques points très intéressants

friche


  • 1: un décrochement plus abrupt de la pente, idéal pour des rocailles.
  • 2 : une mare à l'ouest .
  • 3 : une source captée au nord-est, particulièrement intéressante : c'est elle qui a fait penché notre coeur vers cette ferme.
  • 4: une partie plate (mais en pente légère) pour potager ou fruitiers (?)

 

quel boulot

Quand nous sommes arrivés, le terrain était une friche vaguement carrée, de 8000 m2 en légère pente vers le sud, avec une source captée juste dans l'angle Nord-Est (3) - photo à gauche- très intéressante et bien cachée dans les repousses de prunier et les ronces.

rocaille

Un décrochement un peu plus abrupt coupait le terrain d'ouest en est, au tiers nord ; en son milieu il y avait un vieil amandier (1).

 

source

La source se perdait dans le terrain le long d'un vague talus (4) couvert de figuiers. Tout à l'est, une haie (figurée sur le dessin par un ondulé noir) fait la limite avec le champ du voisin. Entre ce talus et la haie, une forêt de jeunes pruniers entassés les uns contres les autres (petite publicité pour la débroussailleuse Zenoah de 42 cm3 qui a détruit tout ça et nous a servi pendant 20 ans).

ormes-mare

Au sud ouest (2) une mare était complètement cachée par un énorme roncier qui recouvrait pratiquement tout le champ jusqu'au chemin. Beaucoup d'arbres l'entouraient, mais c'étaient des ormes, morts de la graphiose.

En rose sur le dessin, les bâtiments que nous allions détruire de suite : une porcherie contre le mur est, un garage et quelques bâtiments très abîmés au sud.

 

conception

 

 

Nous avions déjà une idée générale de ce que le jardin allait devenir :

Bien sûr, les premiers plans généraux que nous avons faits ne correspondent pas totalement à ce que nous avons maintenant. Le potager a pratiquement disparu, car il ne répond pas à notre façon de jardiner : il demande un travail journalier, constant qui ne nous plaît pas. De plus, notre voisin retraité en a un très beau et nous fournit en légumes. Martine vers 2010 a cependant réussi à trouver un coin qui lui convienne (apport d'eau facile et abrité du vent d'autan) que vous pouvez admirer ici.

Le pré de la mare est habité par trois poneys, ce qui empêche toute plantation. Même les rosiers le long de la barrière ne peuvent pousser en hauteur, car ils sont taillés par des jardiniers amateurs mais aux fortes dents. Nous avons cherché pendant longtemps des plantes capables d'habiller la barrière et de résister aux poneys ! Dommage que les berbéris grimpants n'existent pas. Depuis 2003, glycines et jasmins semblent correspondre à nos besoins.
De plus comme il n'y a plus qu'un seul poney, nous avons récupéré une partie du pré pour le planter, c'est le pré allemand.

Notre vue à long terme du jardin était d'arriver à ce qu'il n'y ait plus, mettons dans 20 ans, de travaux pénibles (type pioche et désherbage pendant des heures). C'est pourquoi les rocailles, très alpines aux départs, se sont progressivement transformées en massifs rocailleux avec arbustes !

voilà le plan du jardin tel qu'il est 20 ans après

plan

jeudi 30 octobre 2014

Le Sud d'En Galinou

Le Sud

Et le Sud ?

In principio erat une étendue argileuse, couverte de litres de boue en hiver et poussiéreuse en été. Bordant le terrain, un vieux garage très moche, un poulailler en brique crue à moitié écroulé et autres résidus de la vieille ferme.

travaux sud

En résumé un spectacle peu agréable.

On a tout détruit et créé devant l'entrée de la maison, un grand parking pour les visiteurs.

Tous les gravats, y compris des pierres de belles dimensions vont se retrouver dans la cassure nord, afin de constituer l'ossature des futures rocailles.

Devant la maison elle-même, de grands rosiers (Toby Tristan, Kew Rambler, Wedding Day)  couvrent la pergola qui protège la partie habitation du soleil d'été.

facade sud

calistemon
Comme la façade est pratiquement plein sud, nous en avons profité pour introduire des plantes méditerranéennes qui ne supporteraient pas l'hiver en un autre lieu. En particulier des lauriers roses qui fleurissent tout l'été, ou un rince bouteille.

terrasse sud

C'est vers 92 que notre voisin a décidé de construire un lac d'arrosage au bas du terrain. Quelle bonne idée ! Une terrasse bétonnée permet de mettre deux bancs pour observer les oiseaux du lac.

Le banc s'envole parfois à cause de l'autan, il faut donc faire un abri qui ne soit pas étouffant. On a bordé immédiatement cette terrasse d'un seul côté par quatre cyprès standard comme futur abris du vent. terrasse sud Ce n'est qu'en 2009 que nous avons récupéré une pergola marocaine que nous avons installée sur cette terrasse, en supprimant le photinia qui commençait à prendre bien trop de place et boucher la vue à partir de la maison.

C'est en 2006 que cette partie a commencé à devenir une partie vraie du jardin.

Avant il y avait un parking, une terrasse, de l'herbe, et un jardin au nord. Quand le bois s'est développé puis quand le mur est s'est intégré Martine a senti qu'il n'était plus possible de laisser la zone en l'état.

Vers l'est, on avait bordé par une double haie fleurie qui cache ainsi l'endroit où nous entassons les déchets avant de les brûler, ainsi que les bacs à compost. De plus cette petite haie nous protège du vent d'autan quand il souffle un peu plus du sud.

debut du parking haie sud

L'idée est de la doubler encore par deux autres, puis de faire un jardin de type méditerranéen sur cailloux qui entourerait le parking comme un cocon.
Remarquez au passage l'axe de ces haies, qui permet d'inclure le lac dans le jardin, tout en nous protégeant du vent.

haie sud

A l'ouest, entre la barrière des chevaux et le sol du parking, il y a une petite zone terreuse de 30 cm de large. On y met d'autres plantes de jardin sec. Le tout doit être lié avec les haies latérales de l'est et les plantes plus anciennes de la terrasse, dont les grands cyprès.

lundi 27 octobre 2014

La plate-bande ouest d'En Galinou

La plate bande Ouest

Une fois la rocaille arrivée à l'ouest, presque jusqu'au chemin d'entrée, nous avons commencé une plate-bande remontant vers le nord. (la plante bande OUEST du dessin).
sec ! Cette plate-bande est sur un terrain particulièrement sec et pauvre, une sorte de coulée nord sud très argileuse.
Dès qu'il fait sec, ce qui arrivait tous les été, c'était la catastrophe !
Elle a mis 10 ans à avoir plus de plantes que de mauvaises herbes.

pb ouest


Comme d'habitude, nous avons commencé par des annuelles, en particulier des sauges qui se ressèment allégrement.

2002

 

Petit à petit nous avons introduit des arbustes qui prennent la place des annuelles.

Le vent de l'ouest (le Cers) n'arrange pas nos affaires. Nous avions mis une série de rosiers arbustifs, ils sont pratiquement tous morts. Il faut dire que mettre des roses hybrides de thé dans ce genre de terrain, c'est une erreur mortelle (pour eux). à cette époque, on n'avait pas Internet pour poser des questions sur un forum, et dans notre coin, nous ne connaissions personne qui puisse nous donner des tuyaux.

Nous avons appris sur le tas les plantes qui convenaient, ou pas.

Cette plate-bande est très rectiligne, et bordée vers l'intérieur d'une allée de rosiers.

Là aussi, on retrouve le mélange de plantes qui se ressèment (les Phlomis, arbustifs ou non, apprécient énormément notre jardin) et de plantes taillées qui donnent une structure. cyprès


Ce massif ne comporte que des plantes pouvant pousser sans aide ; ce qui nous a le plus étonnés, ce sont les cyprès qui se portent bien.

2006 enfin
Exemple de structure taillée et libre en même temps.


panoramique ouest

voir toutes les photos en cliquant ici

dimanche 26 octobre 2014

Le tour de la maison d'En Galinou

Le tour de la maison

Petit à petit nous avons planté tout autour de la maison.

les murs
  • 1 mur ouest
  • 2 la serre, centre de la maison
  • 3 la pergola du mur sud
  • 4 mur est
  • 5 mur nord, la terrasse nord prolongée vers le nord est par des massifs
    6 mur nord, partie ouest, la cuve à gaz
    7 mur nord, partie est, la plate-bande lorraine
  • 8 la terrasse et la cheminée extérieure est
  • 9 le massif rose qui se prolonge par le massif en triangle
  • en vert la partie habitable en jaune les ateliers et le garage
les murs au nord
pano
à notre arrivée en 1986 , puis quelques années après
pano
Comme le montre la photo et le schéma, on a trois, même quatre parties au nord :
  • Nous avons commencé par la terrasse au Nord (7) , que nous voyons de la fenêtre de la cuisine.
    Dans un premier temps, nous n'avons fait que la partie entre la porte et le muret (qu'on voit sur le schéma entre le 7 et le 5).
  • Cette terrasse s'étend petit à petit vers le nord-est avec un massif qui va rejoindre le fossé. Nous l'avons appelé le massif rose (9) parce qu'il contient une majorité de plantes dans ces tons là.
    Ce massif s'étale aussi vers la rocaille, car l'herbe n'arrivant pas à survivre dans cette partie pauvre et sèche, il vaut mieux la remplacer par des arbustes !

Tout le long du mur nord, nous avons implanté un massif ombragé de deux mètres de large. Ce massif est éclairé le matin, mais passe rapidement à l'ombre de la maison pour le reste de la journée. Comme en plus il n'est pas loin, il est facile à surveiller. Nous y avons donc établi les plantes qui demandent à être abritées du soleil.

On distingue deux parties :
2006

 

  • Tout le long de la partie habitable (5), la plate-bande lorraine. Elle se compose de plantes qui viennent de cette région, auxquelles nous avons ajouté des plantes de sous-bois comme les fougères.

 

2006

 

  • Au nord-ouest, on trouvait une cuve à gaz qui a été enterrée en fin 2005 (6), aussi on a créé une autre partie à l'ombre qui s'étale vers le nord, devenant peu à peu un nouveau massif de plantes de soleil qui supportent la pauvreté du terrain et rejoint petit à petit le massif rose.
la façade sud

1986
à notre arrivée, ça craint, hein !

  • Sur la façade sud , une grande glycine au dessus de la porte, qui part vers la droite en longeant la serre (2) pour rejoindre la pergola (3) de rosiers grimpants et qui (en 2008) est étendue vers la gauche. Malheureusement elle est morte, sans doute noyée, en 2010.
2004
Est
est Le mur Est est surtout constitué d'une terrasse en béton avec un petit coin planté surtout parce qu'il est difficile à tondre !
Petit à petit la vigne vierge qui vient du nord recouvre cet immense mur aveugle (pas d'ouvertures à cause du vent d'autan).
ça fait un gentil petit coin pique-nique pour l'été. Dans la cheminée qui servait à la nourriture des cochons, on peut faire des grillades.
Ouest
ouest

Devant le mur, le terrain est pauvre, car il recouvre un gros tube de béton qui enterre le fossé.
Ce mur est crépi comme le reste de la maison mais présente le défaut que la grosse vigne est trop lourde et s'en arrache.

 

vendredi 24 octobre 2014

Le centre-nord d'En Galinou

La partie centre et nord

tondobroyeuse 1989 Nous n'avons attaqué cette partie qu'après la rocaille. Pendant un long moment, on a eu juste une terrain en pente légère que nous égalisions avec cette très grosse machine, une tondo-broyeuse de Carroy Giraudon, équipées de fléaux rotatifs. C'est le seul genre d'engin qui peut passer dans le pré, plein de repousses de prunier et autres grosses mauvaises herbes d'un mètre de haut et plus. Nous l'utiliserons pendant plus de 10 ans avant qu'on n'estime le sol assez plan pour pouvoir passer une tondeuse autoportée normale.

la partie nord

Cette partie du jardin s'appuie sur la cassure transformée en rocaille ; elle est divisée en trois en remontant vers le nord et le champs du voisin :

  • un carré au sud,
  • un labyrinthe
  • une haie de protection tout au nord.

Pour voir toutes les photos de cette histoire, il vous suffit de cliquer ici

le carré

potager Au dessus de la rocaille, nous avions d'abord fait un grand potager, preuve que quand nous avions 30 ans nous étions super courageux !
Car retourner un terrain glaiseux ou desséché à la bêche, c'est du sport ! les fourches bêches ou autres grelinettes ne résistent pas à ce genre de traitement.
Nous appliquions des principes de traitement écologique, ce qui nous a amené à nous poser des questions sur ce que l'agriculteur voisin déversait dans notre terrain !
ah, les doryphores ! nos filles étaient très bonne à la récolte de ces bestioles qui bouffaient nos rattes.
Peu à peu nous avons abandonné ce potager qui demandait bien trop de travail, et ne présentait pas vraiment un grand intérêt. Après un second essai au même endroit, vers 2009, abandonné parce qu'apporter de l'eau tous les jours c'est trop de travail, Martine a finalement réussi à faire un potager qui lui convient, près des bassins de l'est, dont les photos sont là.

à partir de 94 nous allons remplacer ce potager par un grand carré dont la forme est fixée par trois haies, le quatrième côté étant celui du sud : la rocaille. Notre objectif est qu'une haie libre délimite un espace géométrique carré, dont l'axe nord-sud sera occupé par une allée où des fers à béton soutiennent une multitude de rosiers grimpants.
Nous prévoyons de mettre à l'intérieur des parties libres 4 petits arbres à faible développement.


le démarrage de la haie en 1998

En 2014, ce sont de vrais arbres !

plus au nord

Mais les traitements agricoles de notre voisin nous posent quelques difficultés, quand on voit l'aspect que prennent les feuilles de certains arbres !.
Aussi décidons nous de nous protéger par une haie qui fera tout le côté nord, et encaissera les mauvais traitements s'il y en a. C'est une haie mixte très arbustive. Elle longe pratiquement tout le terrain, jusqu'aux conifères près de la source.

Entre ce carré très délimité et la haie du nord, quelques haies fleuries ont été commencées en 2002.

Nous voulions dessiner un petit labyrinthe, agréable à parcourir.

En fait une partie de ces plantations n'a pas résisté au climat, et une autre a beaucoup apprécié, du coup on s'est retrouvé avec des arbres que nous n'allions quand même pas couper pour les apprendre à respecter nos désirs !
Il reste en gros deux allées parallèles bien fleuries :


Quand à l'allée sud nord du carré, il a fallu la refaire plusieurs fois, car nous avons mis surtout des rosiers lianes qui pèsent un âne mort, ou deux !



Ils envahissent même les arbres, comme ici Albéric Barbier dans un pommier (mort, de toutes façons)

 

mercredi 22 octobre 2014

le Bois d'En Galinou

Le petit bois

photo en 86

Le long de la frontière Est, nous avons planté un petit bois pour nous protéger du vent d'est particulièrement agressif et desséchant.Nous avons commencé dès le début, dès notre arrivée, car le vent ici, c'est infernal !

Car, comme on peut le voir sur la photo de droite, prise du nord, une fois les mauvaises herbes coupées, il n'y a aucune protection contre l'Autan. Le mur de la maison est un mur aveugle, à cause de lui, justement !

le texte sur le Lauragais vous en dira plus.

  Ce bois est composé d'arbres dits sans problèmes, saules peupliers, frênes, féviers, érables champêtres. Au début, ils ont vraiment eu du mal à pousser. C'était une terre très pauvre et sans doute brûlée par un vieux et important dépôt de fumier.
Allez voir, sur l'album, les photos du bois : La plantation ne commence à prendre qu'à partir de la sixième année.

photo en 2005

C'est au bout d'une douzaine d'années qu'on a enfin un bois digne de ce nom sous lequel on peut pique-niquer sans prendre de coup de soleil et qui abrite le mur est que l'on commence à planter.

Au passage on a supprimé les arbres qui ne supportent pas bien le climat, comme les bouleaux et beaucoup de conifères. Enfin, pour dire la vérité, nous ne les avons pas réellement supprimés, ils sont morts et nous n'en avons pas replantés !

Certains arbres, les saules en particulier, sont souvent rabattus afin de faire de jeunes et fines branches qui servent aux bouquets d'Ikebana. Ce sont des arbres à pousse rapide et dont le bois est fragile, ils n'aiment pas trop avoir soif et deviennent laids si on les laisse pousser.
En fait il faut les bouturer souvent afin d'avoir de jeunes arbres de remplacement. 


Si vous regardez les photos du bois, la partie sud de celui-ci est beaucoup moins développée que la partie nord pour deux raisons : le terrain est bien plus pauvre et l'exposition au vent est pire.

2002

 

lundi 20 octobre 2014

L'est du jardin d'En Galinou

L'est :

la source au nord, puis les bassins et le jardin japonais

source1 source2

En 1986 à notre arrivée, des broussailles de plus d'un mètre de haut et des milliers de repousses de prunier.


Que nous avons commencé par dégager en force

source4

La source tout au nord dans le coin est fut une des principales raisons d'acheter ce terrain. Elle était dans un état lamentable, couverte de repousses de prunier et de ronces. Avec la courageuse débroussailleuse, nous avons tout abattu et construit un premier bassin, entouré de bambous noirs et de cryptomérias de collection.

premier bassin les autres

Nous avons alors attaqué (vers 2000) la liaison avec la rocaille est. Avant que nous en soyons satisfaits, nous l'avons refaite plusieurs fois, car ça n'allait pas.
C'était la première fois que nous faisions faire les bassins par un artisan à la place de le faire nous-même, et ma foi, le résultat ne nous enchantait pas !
Nous sommes descendus le long de la partie est avec une série de bassins parallèle à la seule haie d'origine qui longeait le terrain.

Au bout de ces bassins, avant d'arriver à la rocaille, un tout petit jardin japonisant bordé de bambous géants est en train de naître. Nous avons essayé des bambous, géants et d'autres, et certains conifères. Les bambous géants ont la fâcheuse manie de pousser assez tard, fin juin ou plus, et c'est là que l'eau cesse de tomber, ce qui ne favorise pas du tout la pousse.

jardin japonais Après plus de 5 ans, un seul bambou géant est resté, tous les conifère sont morts.
Martine a changé complétement la structure (vers 2010) afin de mettre une rivière de miscanthus par dessus laquelle on passerait pour visiter cette partie.

 

jeudi 16 octobre 2014

La grande rocaille d'En Galinou

amandier

Nous voulions démarrer le jardin par une partie visible des fenêtres du nord, cuisine et chambre. Une fois les pousses sauvages coupées, la seule chose qui se voyait était un vieil amandier à moitié mort.

Nous ne voulions pas l'abattre, mais au contraire nous en servir comme point de départ et le mettre en valeur, un peu comme un bonsai géant.

D'autant qu'il était situé juste sur une espèce de cassure du terrain : celui-ci est en pente nord-sud, et la cassure augmente cette pente, d'où l'idée d'en faire une rocaille.

 

début2

vues en 1986, au mois d'août

Partant du vieil amandier, la cassure devenant une rocaille, avec de grosses pierres récupérées à partir de maisons en démolition (l'idée est venue en essayant de caser toutes les pierres provenant des annexes que nous avions démolies).

est

en 1996 on attaque la partie est

Cette rocaille s'est étendue petit à petit, d'abord à l'ouest, puis à l'est. (temps de travail : deux heures à deux par m2 de rocaille). Elle fait 300 m2 maintenant. Il nous a fallu 10 ans en gros pour la construire.

 

rocaille

rocaille ouest

Au départ il s'agissait surtout de plantes alpines, souvenir des rocailles naturelles cévenoles. Nous nous sommes progressivement rendu compte que c'était une grosse erreur. Entourées de pelouse et composées surtout de petites plantes, les rocailles sont envahies par l'herbe (ah ! le chiendent) et autres indésirables et demandent un désherbage constant. En prenant de l'âge on a moins envie de désherber pendant des heures, il faut donc faire évoluer ça.

 

buissons 1 buissons

Petit à petit, la rocaille évolue vers de plus gros arbustes, Berberis, Phlomis, rosiers (les rosiers buissons type hybrides de thé ne supportent pas bien le climat, à quelques magnifiques exceptions prêt), conifères (enfin, disons les survivants) et des plantes coriaces, comme les Iris ou les Teucrium.

chemins

Cette rocaille est coupée de trois ou quatre chemins, ceux de la partie est ont été refaits récemment avec des marches en bois afin qu'ils puissent être empruntés par des personnes normales et non pas seulement par des chèvres. Ces chemins permettent aussi de structurer la zone, afin d'éviter d'avoir une bande très longue de gros arbustes qui sembleraient par trop abandonnés.

 

vous pouvez aller dans l'album consulter les images des différentes rocailles suivant le plan :

plan des rocailles

mardi 14 octobre 2014

à l'ouest : le pré aux chevaux et la mare

Le pré des chevaux à l'ouest

roncier

Le chemin goudronné d'entrée délimite un pré qui, à notre arrivée, contenait une mare entourée d'ormes morts ou mourants (la graphiose) et un immense roncier.

Nous l'avons attaqué courageusement à la débroussailleuse pour ensuite décider que c'était un endroit rêvé pour mettre les chevaux, de paisibles retraités.

Les chevaux aimant bien grignoter tout ce qui leur tombe sous les dents, nous avons renoncé à essayer de faire quelque chose de ce pré.

new été

Pour l'instant il y a une mare, qui déborde en hiver et arrive à être complètement desséchée en été s'il ne pleut pas pendant deux ou trois mois comme en 2003. Il y avait des poissons, il n'y en a plus.

Nous l'avons faite recreuser mais ces travaux ne sont pas suffisants pour vraiment garder de l'eau en permanence.

saules Elle est bordée de boutures de saules, qui supportent de se retrouver complétement au sec en été, parfois pendant plusieurs mois. Ce qui ne les empêche pas de pousser, surtout si le printemps est bien humide.

saules
Le long de la barrière nous tentons d'établir des plantes grimpantes qui ne craignent pas trop les coups de dents, autres que les rosiers grimpants qui se sont ressemés à partir de la pergola et que les chevaux adorent.

vous pouvez voir dans l'album les photos de l'évolution

Quand nos retraités sont morts, nous avons décidé que nous pouvions chiper la partie nord de ce pré dont les travaux ont commencé en 2009. C'est le pré allemand, dédié à la pousse familiale qui se propage en Allemagne.

Vous pouvez en voir les premières évolutions en cliquant ici

lundi 13 octobre 2014

l'Axe nord-est du jardin d'En Galinou

L'axe maison/source

L'axe maison-source est orienté vers le nord-est. Il est suivi sous terre par un tuyau qui descend l'eau de la source vers un robinet (juste sous le "d" de "grande rocaille" sur le dessin) qui servait à abreuver les animaux de la ferme. Ce tuyau continue ensuite à l'intérieur de la maison, et conduit jusque dans la serre.

dessin axe

Dès le départ, la source captée, dans le coin nord-est, était visible de la maison, et nous voulions conserver cette vue.

Les photos d'ensemble de la partie est du jardin montrent bien la conservation de cette structure.

En 1989, nous avons construit un petit bassin un peu en dessous de l'amandier, en profitant du tuyau enterré qui provenait de la source et sortait là.

De là, une série de plates-bandes est remontée en diagonale vers la source. Elles sont représentées sur le dessin par une série d'ovales. Chacune a son thème :

vis a vis



clic sur l'image pour voir en grand le passage entre la plate-bande blanche et les arbustes du jardin japonais, à l'ombre du banks blanc

 

vendredi 10 octobre 2014

Le Lauragais

Ah, le Lauragais !

Notre terrain se situe dans le nord du Lauragais.
Cette région, pour simplifier, s'étend entre Toulouse et la Montagne Noire. C'est un ensemble de collines, séparées par des vallées orientées grosso modo est-ouest. Très vieille et riche terre à blé.

la terre

La terre est le terrefort une terre riche, très argileuse, sans cailloux et calcaire. Les plantes qui craignent le calcaire ne peuvent y pousser, car même faiblement présent, il est très actif.
En été, le terrain devient du béton mal aéré ; en hiver, beaucoup d'eau transforme la glaise en étouffoir humide.

le climat du Lauragais

Le climat y a été qualifié de " décevant " par un géographe local, Jean Odol

Agrégé de géographie, Jean Odol écrit beaucoup sur la région, son livre sur "Lauragais pays des cathares et du pastel" chez Privat est particulièrement intéressant.

L'hiver est, en général assez doux. Il peut arriver qu'il ne gèle pas du tout. Mais la température peut descendre à moins 10 pendant quelques jours. En 2001, nous avons même vu le lac en dessous geler suffisamment pour qu'on s'y puisse promener et la température rester glaciale pendant trois semaines de suite.

arbre

cliquez pour voir les photos de l'hiver

La pluviométrie est très irrégulière. Elle varie d'une année sur l'autre entre 500 et 1000 mm, avec une moyenne aux environs de 700. Les changements sont très brutaux : en fin Juin c'est vraiment remarquable ; et désagréable ! En une semaine, on passe d'un beau début d'été vraiment agréable - où la promenade à l'ombre des arbres et des arbustes dans les sentiers est un vrai plaisir - à une chaleur torride, prennant 10 degrés au passage, sans eau pendant pratiquement deux mois ou trois. Tout sèche, les plantes passent au repos ce qui explique que les rosiers remontants n'ont aucune chance d'être beaux chez nous, sauf à arroser énormément !

no water

cliquez pour voir la sécheresse

On a parfois un bel automne, mais la plupart du temps la chaleur de l'été devient le froid de l'hiver sans transition. Tout dépend encore une fois de la pluviométrie. La caractéristique de ce climat est la brutalité des changements.

le vent

Un vent d'est très violent, l'«autan» dessèche en soufflant trois (ou six, même neuf, mais là c'est l'enfer) jours de suite. un excellent article de Jean Odol  (eh oui, encore lui !) dans "Couleur Lauragais".

Quand il ne vient pas de l'est (l'Autan), le vent arrive de l'ouest (c'est le Cers), ou du sud, ou du nord. En fait, il vente très souvent, vous l'avez compris, et quand nous voulions traiter les gravillons de la terrasse, le problème principal c'est d'attendre un jour où il ne souffle pas.

Comme on a renoncé à traiter, le problème ne se pose plus. La binette ne craint pas le vent.

Le jardin dans un tel climat

Ne connaissant pas du tout le climat, nous avons commencé le jardin un peu comme on le faisait à Paris (dans une terre sableuse de l'est parisien). Et planté des rosiers buissons comme "Papa Meilland" que j'aime tant. Bien sûr ils ont quasiment crevé aussi sec (c'est le cas de le dire).
Après ces quelques erreurs de démarrage, notre type de jardinage- qui cherche plus la place ad hoc pour la plante que la plante qui va faire joli à cet endroit - a porté ses fruits. Il aura fallu 15 ans (contre 5 ou 6 pour un jardin normal) pour que le jardin prenne son allure non pas finale, car il évolue en permanence, mais trouve un équilibre, détermine de nouvelles zones protégées, ombragées où de nouvelles plantes peuvent être installées.

Les plantes sont en bonne santé, et résistent aussi bien à -10 en hiver pendant quelques jours qu'à un mois d'août en général sans une goutte de pluie. Certaines plantes sensibles au froid résistent bien au gel grâce au choix de leur emplacement : protégées des vents, entourées de plantes-matelas.
Bon, la sécheresse de l'été 2003 a quand même provoqué des dégâts. Les 2/3 des conifères ne s'en sont pas remis. Nous avons renoncé à en replanter. Certains ont grillé au soleil de la canicule, d'autres ont seulement souffert mais sont morts étouffés l'hiver dans la glaise humide. En fait, beaucoup de conifères ne supportent pas bien ce climat, et si certains sont très beaux, les pertes sont importantes. Exit les Thuyas, Cupressocyparis, et autres Chamaecyparis divers. Ne subsistent que quelques conifères de la famille des Junipérus, Cupressus, Abies et Cèdres, avec des pertes chez les plus jeunes mal aoûtés.
Il nous paraît maintenant évident que si l'on envisage le jardin sur le long terme, il faut éviter les contresens, c'est-à-dire les plantes qui ne supporteront le climat que si elles sont aidées dès qu'il y a une difficulté ; protéger du froid, arroser, pailler, etc. Ainsi que les plantes qui n'aiment pas le calcaire, ni la glaise.
Et comment on apprend ? eh bien il y a les LIVRES, dans lesquels on trouve beaucoup d'informations. Et puis par essais/erreurs on acquiert de l'expérience.
Maintenant, Martine est capable de dire au feeling si et où une plante va se plaire. J'avoue que je suis meilleur en informatique qu'en feeling des plantes.

Les principes de culture au jardin d'En Galinou

Les principes de base

Le sol n'est jamais laissé nu, partout des couvre-sol occupent l'espace, et dans chaque massif ou plate-bande, je recherche l'équilibre qui permette à tout le monde de se côtoyer afin que le massif soit en autarcie, ne nécessitant plus d'arrosage sauf extrême sécheresse. Le jardinage devient plus facile, deux désherbages annuels rapides suffisent, en théorie.

plantation


Paroles de Martine :
Au démarrage, je plante serré, de préférence de jeunes pieds. S'ils sont dans un terreau standard, je les acclimate d'abord par une première transplantation en pot dans une terre plus lourde pendant un an. On achète souvent une seule plante pour tester son comportement.

De plus, de nombreuses annuelles sont semées entre les arbustes et vivaces, afin de ne pas laisser de terre nue ; c'est quand même plus joli. En revanche, elles sont condamnées à se ressemer comme elles peuvent, et disparaîtront par la suite.

liberté chérie

Certaines plantes se ressèment comme elles veulent, d'une plate-bande à l'autre (ce qui ne nous empêche pas de leur interdire de tout envahir !). Si cette façon de jardiner a à voir avec le jardin en mouvement de Gilles Clément, elle s'en distingue parce que je n'exclus aucune plante d'où qu'elle vienne du moment qu'elle peut s'acclimater, ce qui permet de trouver sur notre terrain aussi bien des plantes méditerranéennes de terrain sec mais sensibles au froid - sur le gravier au sud - que des japonaises habituées à un climat nettement plus humide.
Certaines zones sont exclusivement enherbées, et nous les tondons régulièrement, afin d'avoir un effet de contraste avec les massifs (sans aller jusqu'au coupe-bordure dont l'effet est bien trop brutal pour nous). Cependant, l'herbe résiste mal aux longues périodes de sécheresse, contrairement à plein de plantes sauvages, envahissantes et que nous n'aimons pas (comme la sauge !).
Après la canicule de 2003 qui a provoqué un grand dessèchement des plantes suivi de la sécheresse 2004 et 2005, les parties enherbées sont plutôt recouvertes de trèfle et autres mauvaises herbes, et on ne peut plus faire grand chose dans la mesure ou nous nous refusons à arroser. Nous nous contentons de tondre régulièrement les parties qui mettent en valeur les massifs et depuis quelques années (2005) nous laissons des zones enherbées naturellement qui selon les années ont plus ou moins de plantes sauvages (sauges, orchidées, marguerites) et ne sont fauchées qu'une ou deux fois dans l'année.

Taille ou non ?

Nous recherchons l'effet de contraste entre les parties taillées et les parties sauvages, l'idéal étant que la plupart des tailles paraissent 'naturelles', disons qu'il ne faut surtout pas qu'une impression d'artificiel prédomine.

taille taille de la sauge C'est ainsi que nous avons encore une vieille sauge taillée en boule (1 m de diamètre) qui doit avoir 25 ans d'âge et est la première plante que nous ayons planté (à la pioche, en plein mois d'août le jour de notre arrivée). Seule la taille précise de cet arbuste lui a permis de vivre aussi longtemps.

Tout le travail de plantation, de taille, d'arrachage doit aboutir à ce qu'on voit un paysage et non pas un jardin. C'était l'objectif de départ, il est très loin d'être atteint. Mais on s'en approche.

Quelques exemples

1991




En 1991, on plante les conifères et on lie avec des annuelles.

1997

En 1997, les conifères ont grandi, mais il y a encore des vides importants, et l'un d'eux déséquilibre l'ensemble, il faut l'en empêcher.

2000


En 2000 ça commence à prendre tournure. Un peu plus de 10 ans ont été nécessaires afin de créer un équilibre entre les plantes.


Enfin en 2005, on commence à voir des paysages.

2005
Et en 2006, on commence à intégrer les différentes parties du jardin, afin que l'ensemble soit comme un grand paysage, que le passage d'une partie à l'autre soit une évolution qui semble naturelle ; oserais-je parler d'un grand bouquet paysage ?

lundi 2 juin 2014

Histoire du Jardin d'En Galinou : les réflexions de départ

En Galinou

Les réflexions de Martine

Après avoir visité divers jardins imprégnés de la personnalité de leur propriétaire, je me suis demandée pourquoi notre jardin est ce qu'il est, qu'est-ce qui a déterminé ma façon de jardiner, le choix des plantes et leur emplacement ?

photo de berger

Parmi ces bergers, il y a Pierre Pantel, le père de Martine.

Je pense que ça remonte à loin, à mon enfance, à toutes mes vacances en Lozère entre Causses et Cévennes.

village des cevennes

Rocailles, zones désertiques, forêts, landes, des paysages très divers sur un espace limité, et tous magnifiques. Aucun jardinier n'aurait pu faire mieux. Et, cependant, personne pour arroser, désherber ou enrichir le sol. Quelques balades botaniques avec un spécialiste de la flore méditerranéenne et une curiosité naturelle à l'égard des plantes ont fait le reste.

En 2006 j'ai fait des photos des Cévennes et des Causses. Avec des commentaires en anglais, parce que ça intéresse plus mes amis étrangers. (pour les voir cliquez ici )

Le souci principal a été de trouver pour chaque plante, arbre, arbuste, fleur ou herbe, l'endroit où elle serait le mieux à même de se développer sans arrosage (après la période nécessaire de reprise qui dure de 1 à 4 ans) ni engrais, ni traitement, ni changement de terre. " Où cette plante va-t-elle se plaire ? " et non pas " où ai-je envie de la mettre ? "

Cela a exclu d'emblée toutes les plantes de terrain acide et même neutre, le terrain étant une lourde terre argilo-calcaire (le "terrefort" du Lauragais). Pendant bien longtemps nous n'avons mis aucune plante d'ombre ni même de mi-ombre, car il n'y avait rien qui le permettait.

Il fallait commencer par des plantes supportant un soleil de plomb en été, et un terrain qui se travaille à la pioche, tout en étant trempé et collant en hiver.

C'est pour cela que nous avons commencé par faire une rocaille avant de nous attaquer à des plates-bandes.
Petit à petit, les rocailles sont devenues mixtes, et l'ensemble a formé un tout harmonieux avec comme le montre ces deux photos du site :

nord

 

sud