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lundi 4 septembre 2017

Taille des bambous d'En Galinou

Nous avons appliqué dans le jardin une vieille technique japonaise, qu  consiste à tailler soigneusement les chaumes afin que ces derniers soient bien mis en valeur, tout en leur gardant un aspect naturel.

Pour cela, il faut supprimer tous les chaumes qui ne sont pas harmonieux parce qu'ils sont malingres, trop inclinés, mourants (grisâtres et sans feuilles) ou mal placés, trop serrés, etc.

Phyllostachys nigra

Mettre en valeur de belles cannes et rendre un buisson transparent

Ces bambous sont particulièrement intéressants par la couleur du chaume qui nait vert et vire peu à peu au noir dans l'année. Quand il devient gris, c'est qu'il va mourir. Bien sûr il faut absolument mettre les cannes noires en valeur !

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Juillet 2013
nigra 2013 07 (3).JPG
vu du bas

Cette année là, il a beaucoup plu au printemps. Les bambous ont bien aimé… En juillet, les chaumes sont déjà grands et touffus : avant la taille, le massif est déséquilibré par trop de feuilles. Je vais supprimer les chaumes en diagonale, même jeunes, et tous ceux qui, trop vieux, sont grisâtres. En plus, ils faut enlever les latérales basses pour obtenir la transparence voulue, qui a disparu.

nigra 2013 07 (2).JPG
Après
nigra 2013 07 (4).JPG
Vu du bas (nettoyé)

 

100 cannes enlevées, nettoyées, deux heures de travail pas plus, et hop !

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Résultat : transparence et harmonie… j'espère

Phyllostachys bambusoides 'Castillonis'

Mettre en valeur des cannes panachées

C'est un bambou géant, en théorie du moins, j'essaye donc de le mettre en valeur, en ne laissant que les plus belles cannes, sans le mettre en danger. Phyllostachys bambusoïdes 'Castillonis' a beaucoup de mal à pousser dans notre région. Il commence à sortir de terre vers la mi-juin. Malheureusement, une ou deux semaines après, les pluies s'arrêtent, le jardin passe au repos. Alors le pauvre vieux ne peut pas développer ses chaumes comme il devrait. Planté en 2000, il sera taillé pour la première fois 6 ans après.

Castillonis 1.jpg
le massif en 2006

Juillet 2006. On part d'une situation bien emmêlée, sans harmonie, juste un gros massif de bambous. C'est gros, c'est touffu, avec des chaumes dans tous les sens.
On l'a laissé pousser ainsi afin qu'il survive et se développe un peu.

Castillonis 2.jpg
Détail

 

Vues de près, les tiges se croisent, se mélangent, sont cassées, et couvertes de feuilles de haut en bas.

 

q
Castillonis en juillet

 

On commence par enlever toutes les tiges cassées, malingres ou couchées. Puis on enlève les tiges latérales sur un mètre de hauteur à partir du bas des chaumes. Et voilà !
On voit bien le pont à travers le massif,ainsi que les autres bambous du coin japonisant.
A gauche quelques tiges en diagonales sont laissées. Nous ne voulons pas enlever trop de tiges d'un coup, le risque de fragiliser trop le bambou est important dans le vent d'autan et la sécheresse qui arrive.

 

Castillonis 8.jpg
juillet 2008

 

Août 2007, puis 2008, suite : suppression des maigres et trop en diagonales. Toujours le même principe. Mais cette fois-ci, en comparant avec la photo précédente, les diagonales ont disparu.

Castillonis 10.JPG
Août 2012

Contrairement au nigra, nous ne sommes pas obligé de tailler ce bambou tous les ans. Il faut un printemps pluvieux et surtout une fin juin humide pour que le castillonis pousse bien. On a donc assez peu de travail de maintenance. On voit bien sur cette photo que les pousses de cette année sont malingres et pratiquement toutes à enlever.

Castillonis 2013 07.JPG
2013

 

 

Nettoyage toujours, ça s'étoffe peu à peu, mais il ne sera jamais géant.
Depuis il y a peu d'entretien et peu de changements.

Sasa Palmata

Alléger

palmata 1.jpg
Le buisson autour du bassin avant traitement

Le problème est un peu différent : ce bambou est bien en gros buisson, il ne faut pas chercher à mettre les cannes en valeur. Mais là il déborde un peu partout, et comme il est limité par le béton, les buissons, l'ombre etc., il s'entasse sur lui-même, se couche et devient fort moche. Ici donc le buisson avant le travail, tout emmêlé. De plus les palmes ne supportent pas bien le vent d'autant et se déchirent.

palmata 2.jpg
gros plan

Gros plan sur la partie la plus vieille. On voit bien les chaumes couchés, fourchus, les feuilles très abîmées. On va enlever tout ça.

palmata 3.jpg
Résultat

 

Après que j'en ai enlevé les 2/3.

Reste à enlever - plus tard pour ne pas être trop brutal - les palmes abimées.

Faute de temps, sur ce buisson fort solide, il m'est arrivé aussi de carrément tout raser ! ça va beaucoup plus vite et ça ne le gêne pas, mais pendant un an il n'y a plus grand chose.

Phyllostachys viridiglaucescens

éclaircir sans empêcher l'effet protection contre l'autan.

Viridi 1.jpg
La barrière anti-vent
Viridi 2.jpg
Gros plan

Les viridiglaucecens du bas. Ce petit pied, planté avec comme objectif de faire une belle barrière au vent d'autan, a mis 15 ans à faire 15 mètres de long et 5 de large, sur 7 ou 8 de haut. C'est exactement ce que nous voulions.
Mais, en 2010, il exagère : les chaumes ont énormément poussé ces deux dernières années, ils se couchent sur les arbres, envahissent le rosier, une intervention est nécessaire. Mais il faut aussi garder de l'épaisseur, afin que le vent d'autan continue à être filtré. Sur cette photo, on voit bien la différence entre la partie gauche du rideau, complétement opaque, et celle de droite en partie déjà clarifiée.
De plus près, on voit les chaumes qui se marchent dessus, s'écroulent un peu, n'ont plus de forme.

Viridi 3.jpg
Résultat immédiat

Quelques 5 heures de travail après : la transparence est revenue.Très peu de cannes ont été épluchées : un buisson de cette taille perd naturellement les latérales basses.

Viridi A.jpg
En automne, soleil du matin

Les cannes les plus grosses sont bien mises en valeur, en ayant supprimé toutes les autres. Toutefois pour garder l'effet de filtre du vent, j'ai laissé pas mal de cannes plus petites.

 

dimanche 27 août 2017

Les Bambous d'En Galinou, Anti-rhizome, suite

Comme nous l'avons vu dans l'article précédent, combattre une invasion de bambous quand on s'y prend trop tard peut être un véritable combat... 
Nous n'aimons pas les barrières anti-rhizomes, dites BAR. D'abord parce qu'elles sont assez difficiles à mettre en place, ensuite parce que j'ai un doute sur leur résistance à 20 ans.

Notre solution ? un fossé. Un vrai.

Suite du Nigra

Revenons à notre massif de nigra. Ce massif est un parfait exemple de ce qu'il ne faut pas faire avec des phyllostachys si on ne veut pas avoir d’ennuis à long terme. C'est comme ça qu'on apprend, hein !

nigra
Nigra 2008, côté ouest

Nous avons réussi à l'empêcher de passer du côté est de la source. Mais bien sûr il s'est aussi développé vers l'ouest.
Si vous regardez bien la photo, à droite on voit une autre ligne du même. C'est une poussée de chaumes que nous avons laissée, afin de montrer la différence entre un massif taillé en transparence et un autre laissé tel quel, beaucoup moins joli.
Pédagogiquement, c'est une bonne idée.
Jardinesquement, c'est une bêtise. Car le léger rideau prend de plus en plus d'importance, d'autres rhizomes commencent à envahir des endroits où ils ne sont pas les bienvenus (ce qui les laisse de glace).
Il faut à nouveau faire quelque chose. Deux facteurs vont me faciliter le travail. D'abord comme on le voit sur la photo, il n'y a pas de goulot d'étranglement et de tournant autour d'un mur. Donc les rhizomes ont pu s'étendre sans faire de blocs de racines si difficiles à casser. Ensuite il y a notre ami Michel ; sans doute que sa pratique pro du souba (moi je veux jouer de l'hélicon) lui a permis de développer de larges et solides épaules ? La pioche est pour lui un jeu d'enfant.

nigra-b 2011 11.jpg
le fossé

C'est parti : Un fossé de 20/25 cm de profondeur, en gros la hauteur d'un parpaing.

LE TRUC : on ne le bouche pas !
C'est là qu'est le secret. Car le phyllostachys a des racines peu profondes, et ne brille pas par son intelligence. Régulièrement, je vois une racine qui sort dans le fossé sur le côté. La plupart du temps elle monte verticalement, se transformant en turion, mais parfois elle plonge vers le bas et tente de s'enraciner dans la paroi d'en face. Il n'en est pas question.
Dans les deux cas, un coup de sécateur, et c'est fini.

Mais me direz-vous quid des chaumes mal situés, coupés de la plante mère, mais bien vivants ? Je coupe tout à ras du sol à chaque fois que je vois une tentative ; au bout de deux ou trois ans, les racines sont mortes faute de nourriture. Le seul coin qui résiste, c'est celui que j'avais laissé pousser à titre pédagogique. Là pas d'hésitation : vers 2010 un badigeonnage au pinceau des feuilles de repousse avec un bon poison des familles, pas vraiment écolo, mais efficace.

Depuis, plus de repousses, le bambou reste à l'endroit où il doit être. Il suffit de le tailler, mais c'est une autre histoire que nous aborderons plus tard.

Le Viridi glaucescens

Petit à petit nous avons étendu cette technique à d'autres massifs de bambous. Pas tous car ma foi certains ne s'étendent guère, en particulier ceux qui commencent à pousser fin juin, ce qui dans notre climat est bien trop tard pour avoir suffisamment d'eau pour prospérer.

viridi
La barrière de Viridi côté ouest
q
La barrière vue du nord
viridi3
un beau chaume

Le second à bénéficier de ce traitement est l'énorme Phyllostachys viridi-glaucescens. Ce bambou a été planté en 1990. Un seul pied dans le bois d'ormes morts ou mourants pour protéger nos futurs massifs du vent d'autan.
20 ans après, les chaumes atteignent 8 m de haut, et sont parfois bien épais (ça dépend de la pluie...). Peu à peu, le massif s'est étendu sur 15m. de long, d'est en ouest, exactement comme nous en avions envie afin de protéger nos massifs.
Mais il a commencé à remonter vers le nord, et là c'est NON.

2014, un nouveau fossé :

Viridi Z.JPG
le fossé

Ce fossé n'est pas bien grand, Il ne protège que le massif du banks, mais les rhizomes ne se développent pas vers l'ouest ni vers le nord-est, je ne sais pas pourquoi.

Ils vont aussi vers le sud, assez peu en fait, là l'agriculteur voisin gère la friche européenne et ils ne peuvent pas pousser.

On dirait que ce massif a atteint sa taille maximum.

Pleioblastus shibuyanus 'Tsuboi'

nigra
Les bambous du coin japonisant

C'est celui de droite sur cette photo de 2014.
Ce bambou panaché qui peut monter à 2 mètres de haut dans les bonnes conditions est réputé faiblement traçant.
ouais...
L'herbe en est envahie, ce qui n'est pas très gênant car on coupe les repousses à la tondeuse. Mais les rhizomes commencent à entrer dans le potager. Non, non, non !

 

Pleioblastus shibuyanus 'Tsuboi' (1).JPG
Le fossé

Nous avons d'abord fait un fossé d'une quinzaine de centimètres de profondeur. Merci Sören. Mais la plante mère est en contre-bas de la partie enherbée, je pense que la plupart des rhizomes sont plus profonds, au moins au départ.
Alors je profite de la visite d'une amie d'une de nos filles pour lui proposer de l’exercice ; hop, elle creuse un fossé de 30 cm, carrément ! Fossé qu'elle va étendre à l'autre bambou, le Pseudosasa japonica qui prend de plus en plus d'ampleur, et à son tour vise la partie enherbée.

Pleioblastus shibuyanus 'Tsuboi' (2).JPG
Petit problème

Là une chose que nous n'avions pas prévue : la source étant située plus haut que la partie bambous, il semblerait que les rhizomes de la partie enherbée apportaient beaucoup d'eau au massif.
Du coup le fossé a privé la plante mère d'un apport d'eau, qui ce mois-ci était nécessaire, vu qu'en Août il est tombé 10 mm.
Le bambou est tout sec, il a pris une belle claque. J'espère qu'il va s'en remettre.

L'entretien

Les fossés, ça se bouche ! mais là le travail est vraiment facile.

entretien (1).JPG
sarcleur
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sarcleur : utilisation

D'abord il faut avoir l'outil absolument ad-hoc. Le voilà, c'est un outil assez peu connu, un sarcleur de pommes de terre.

Comme on le voit, il est pointu et large comme le fossé, ça tombe bien ! Il sert à repousser la terre entre les rangs de patates, pour recouvrir lesdites.
Je le mets dans le fossé et je tire... ça le recreuse un peu en même temps.

Application

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le fossé avant


Le fossé du Viridi est plein de gaine de chaume, de feuilles mortes de bambous et des arbres environnants ; Le tout ferait un magnifique compost... s'il pleuvait.

 

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nettoyage

Je plante le sarcleur à un bout, et je tire ! 10 minutes de travail, parce qu'une fois le fossé dégagé, il faut pousser les débris dans le bois, pour qu'ils le nourissent et pour éviter qu'à la première pluie tout retombe.

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et voilà le résultat

 

samedi 26 août 2017

Bambous : l'anti-rhizome d'En Galinou

La barrière des nigras

Premier article sur les bambous. Une vieille histoire dont j'ai gardé des traces photographiques...
un combat bien tardif contre un massif que nous avons laissé pousser sans controle trop longtemps. Du coup la correction de l'erreur a été difficile. Nous avons gagné, bien sûr, mais quel boulot !

nigra
Nigra 2008
nigra
Nigra 1998 au début

2008, un petit massif de Phyllostachis nigra commence à devenir très envahissant. Au début, 10 ans avant, c'était juste un petit buisson contre le mur ouest de la source. (à l'extrême gauche sur la photo de droite).

 

nigra
La source en 93


Le nigra va faire tout le tour par le côté nord. Nous nous inquiéterons, un peu tard, quand nous verrons un turion ressortir à l'angle sud-est, là où sur cette photo vous voyez un piquet de bois.

 

nigra01.jpg
 

Parti du mur comme on le voit sur la photo de 98, il est remonté vers le nord, passé le long de la limite nord, et de longues longues racines étaient descendues jusqu'au bord sud de l'autre côté. Il fallait faire quelque chose. D'abord couper tous les bambous de l'est à ras comme on le voit ici à gauche.
Ce qu'on ne voit pas sur la photo, c'est que le coin de la source, juste devant, est envahi par une masse compacte de racines de bambous, qui va être dure à enlever.

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On va donc creuser ici pour couper les racines de leur source et mettre un barrage.
Tout d'abord, dégager profondément le petit bâtiment de la source elle-même.

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Il faut de l'huile de coude et du matériel, pioche et grand sécateur à crémaillière.

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Barre à mine pour arracher les pieds qui ne se laissent pas faire du tout. Après 10 ans de pousse, ils se composent de blocs compacts de racines. Il faut creuser à presque 40 centimètres.

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Après réflexion on décide d'enlever aussi les pieds au nord, qui ne servent pas en terme d'esthétique, et favorisent le déplacement vers l'est. Je ne vais toutefois pas arracher les pieds, mais juste couper à ras et empêcher par la suite la repousse. Exactement comme on le fera avec la partie séparée du pied principal.

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ça commence à s'éclaircir !
Le long du coin du bâtiment,
j'ai creusé à 40 cm, les turions s'enfonçaient profondément.

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Mise en place de la barrière : un reste de plastique de bassin, avec des parpaings un peu en diagonale.

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Comme la tranchée est plus en profondeur à gauche qu'à droite, où elle finit par afleurer, on recouvre la première rangée de parpaings de deux parpaings couchés.

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On découpe ce qui dépasse, en s'assurant que le contact est assez fort entre le plastique et le mur.

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On remet la terre dessus. Assez peu, pour pouvoir intervenir plus tard, dans quelques années.. mais suffisamment pour pouvoir passer la tondeuse à droite.
La partie gauche sera recouvertes de plantes par la suite, la tuile est juste là à titre transitoire.

Résultat

nigra
2013

5 ans après, les bambous restent à la place qui leur est assignée, et en 2017 itou.