vendredi 15 janvier 2016

Comment le désert recule (suite)

En 2014, j'avais raconté comment les plantes colonisaient peu à peu le parking minéral, le transformant sans intervention particulière en jardin sur gravier particulièrement réussi et agréable de mai à novembre.

desert 1
en 2006
prunus
en 2014

On est passé de ça 

 

à ça

 

prunus
Aster

Après les verveines de Buenos Aires et les stipas tenuifolia très présentes au départ avec leurs racines superficielles, sont arrivées les gauras lindheimeri: des blanches, des roses clair ou foncé, des légères, des compactes. Elles se sont beaucoup ressemées et hybridées , elles ont des racines pivotantes très profondes aussi elles ne souffrent ni de la chaleur ni du manque d'eau. Les asters novae-angliae et les rudbeckias se plaisent aussi dans ces conditions et offrent le plaisir d'une floraison plus tardive.

 

En revanche le port de ces plantes favorise la rétention des feuilles mortes apportées du bois par le vent d'autan et avec l'automne ultra-sec de cet année, j'ai passé beaucoup de temps à ratisser les feuilles sèches qui s'accumulaient, bloquées par leurs tiges : ce qui était une bénédiction au départ est devenu la corvée de l'automne, parce que nous voulons maintenir ce jardin sur gravier et il faut donc maintenir les gravillons et empêcher la formation de trop d'humus : un comble ! Le désert continue de reculer car les verveines et les stipas ont un rôle colonisateur : elles s'avancent sur le parking et disparaissent peu à peu de leurs premières implantations après avoir je suppose consommé tout ce qui était nécessaire à leur pousse et laissé un peu d'humus. Il commence à y avoir une partie dégarnie juste devant la plate-bande d'origine, là où j'avais apporté de beaux cailloux de la garrigue méditerranéenne qu'on ne voyait plus, où ne s'installent plus pour le moment que quelques indésirables comme des carottes, chardons et autres plantes à rosette en compagnie cependant des rudbeckias : cette partie un peu dégarnie va sûrement donner lieu à un nouveau petit chemin pour l'observer de près et les nombreux insectes et papillons qui s'y régalent jusqu'en octobre novembre.
Quand on regarde la page consacrée aux papillons, on voit qu'ils sont très souvent photographiés sur les verveines de Buenos Aires qui leur plaisent particulièrement en automne.

dimanche 26 juillet 2015

La sécheresse à En Galinou

Comme nous l'avons déjà dit, notre jardin a été conçu presque dès le départ comme devant subsister dans le climat local sans que nous devions faire un soutien artificiel par définition, donc nuisible à l'équilibre.

Un article sur la pluie et la sécheresse en 2012

Je lis souvent des mots de gens qui se plaignent que leur jardin est en train de mourir de soif, même s'ils arrosent.

Bien sûr, il y a des plantes qui ne supportent pas le manque d'eau, mais souvent c'est un simple repos : afin de ne pas perdre trop d'eau, les arbres perdent leur feuilles, ce qui ne veut pas du tout dire qu'ils meurent, mais qu'ils passent au repos.

Comme d'habitude, cliquez sur une image pour la voir en plus grand

Arroser ?

Comme le savent les gens qui fréquentent ce blog, nous avons décidé au siècle dernier que nous n'arroserions pas. Nuançons : nous ne sommes pas stupides donc les deux ou trois premières années, bien sûr qu'on arrose pour aider. Sinon peu de choses arriveraient à pousser.

Notre idée est de forcer ces plantes à s'enraciner profondément, afin qu'ensuite elles soient dégagées de notre sollicitude.

Les jeunes plants sont arrosés à raison d'un ou deux arrosoirs par plante, tous les 7/10 jours, pas plus. Comme il n'a pas plu depuis la mi juin (pardon, 8 mm il y a une semaine) je fais le tour des jeunes avec le tuyau qui vient de la source. Il me faut quatre tournées d'une heure pour les arroser tous.

Qu'est-ce que ça donne ?

DSC_9630.JPGEn dessous de la grande rocaille, l'herbe (c'est pourtant du chiendent !) est grise et morte. dans les fleurs

Mais les racines sont bien vivantes, et au printemps elle repartira de plus belle :

Dans les 10 premières années du jardin, nous avons vu les effets du climat du Lauragais en été. Par exemple en 1993, un été vraiment terrible :

sec !

On ne dirait pas que le jardin va s'en sortir, hein !
2013

Pourtant une fois que nous eûmes trouvé les plantes qui s'adapteraient à ce genre de climat, 20 ans après, ça donne ça :

Les morts et mourants

Les arbres et arbustes qui ne supportent pas le manque d'eau en été sont morts évidemment.

Corée

Les premiers à avoir disparu sont les rosiers compliqués et fragiles, comme les hybrides de thé que nous avons installés au début, parce que c'était ce que nous avions dans notre jardin... de la banlieue parisienne !

Terracota, un rosier un peu spécial, mais qui ne résistera pas mieux que les autres hybrides.

Il en va de même pour les conifères, certains ont tenu jusqu'à la canicule de 2013, et là en deux ou trois ans, on a perdu les 3/4 d'entre eux.

DSC_9632.JPGLe sapin de Corée (Abies Koreana) n'est pas mort à cette période, mais il s'est séché en commençant par le haut. Il a perdu 3 mètres mais est reparti du bas. Cette année, il recommence, je pense qu'un jour il disparaitra. Corée

Le plus curieux c'est que son cousin, Abies pinsapo est totalement indifférent à ces conditions climatiques, il a mis presque 15 ans à se décider à dépasser le mètre et demi, mais depuis il pousse.

Les plantes qui luttent

DSC_9640.JPG poivrier

Avant de larguer les feuilles, les plantes les recroquevillent, comme ici le fait ce poivrier (Zanthoxylum armatum ou poivrier du Népal)

D'autres qui supportent moins bien perdent leur feuilles. DSC_9623.JPG

Ici c'est un prunus.
C'est assez curieux, d'ailleurs car ce prunus (Prunus sargentii) est quasiment le seul des prunus en arbre à ne pas apprécier le manque d'eau, alors que ses voisins comme le virginiana ne rouspètent pas.
ah, bien sûr, les prunus arbustes plus fragiles, comme les différents glandulosa se dessèchent complétement et repartent de la base, et d'autres ont complétement disparu.

DSC_9625.JPG Si on observe attentivement, on s’aperçoit vite qu'en fait les plantes sont prêtes pour le printemps qui suivra. Voici par exemple un kiwi dont toutes les feuilles sont tombées, mais les boutons sont déjà en formation.

DSC_9637.JPG fente

Même les couvre-sols souffrent et perdent leur feuilles, mais leur fonction principale, qui est de protéger le sol, continue, et nous n'avons plus les terribles fentes que nous avions il y a 20 ans dans lesquelles nous pouvions introduire complétement tout un manche de balais.

 

DSC_9621.JPGLes rosiers simples, comme ici ce musqué (c'est un hybride de moschata 'Verdi') quand ils sont en plein soleil se mettent un peu en grève... évidemment il ne faut pas leur demander de remonter ! quoique certains le font quand même, mais ils sont particulièrement vigoureux.

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Là l'exemple est encore plus frappant : il s'agit d'un jeune érable qui a été planté cet hiver (début 2015) d'un coup il a perdu toutes ses feuilles et on a pensé qu'il n'avait pas aimé du tout et était mort. Pas du tout ! il a refait de toutes petites feuilles dans la foulée et semble en pleine forme.

DSC_9617.JPG

 

 

Celles qui s'en moquent complétement

Heureusement, nous avons trouvé plein de plantes qui supportent tout ça, ainsi que les hivers froids et gadouilleux !

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DSC_9654.JPG

 

Pas d'eau ? mais qu'importe, les plantes du bord du parking sont prévues pour ça. Elles apportent un air de fraicheur très accueillant.

 

 

DSC_9638.JPGAh celui-ci, on s'en passerait bien, s'il pouvait se mettre au repos à la place de drageonner comme un fou, jusqu'à 20 ou 30 mètres du pied mère !

 

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Au milieu de l'herbe un peu sèche, le bassin, il y a suffisament d'eau pour qu'elle ne s'évapore pas, et qu'est-ce que c'est agréable !

 

samedi 12 octobre 2013

Nouvelles plantations à En Galinou

Le Lauragais est une région très sèche en été. Cette année n'a pas fait exception, même si le printemps fut très arrosé.

Ah le climat du Lauragais ! (cf. aussi la présentation sur le site : clic pour y aller

Nous savons maintenant pourquoi le lieu dit s'appelle "Bruyère" alors qu'il n'y a pas la moindre bruyère à des kilomètres à la ronde.
Pour la même raison que la ferme d'à côté est nommée "Garrigue" : Dans le Lauragais, région riche en blé de printemps on appelait de ce terme un peu méprisant les endroits au terrain très pauvre, plein vent, tout sec, caillouteux ou bien marneux (le plus souvent).

 

Martine a décidé de prolonger cette haie (plantée en 2009) dans son axe, pour rejoindre la pin parasol que l'on devine sur la photo de droite (le petit machin tout à gauche). Le pauvre fait ce qu'il peut ! il a été planté quand même en 2005. Elle a recouvert une bande d'herbe d'une couverture en plastique afin de tuer l'herbe.

En même temps, le long du bois, dans l'ancien fossé, on prépare la plantation d'arbustes qui devront bloquer un peu le vent, ce dernier passe maintenant SOUS les arbres qui ont fini, au bout de 20 ans, par devenir de vrais arbres, sauf évidement ceux qui sont morts de soif comme les saules pleureurs qui n'ont pas supporté la baisse lente et régulière des précipitations (J'ai écrit un article là-dessus, clic pour le lire)

En octobre, on commence les travaux. Malgré les 30 mm qui viennent de tomber, le terrain au sud est horriblement sec !

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DSC_9154.JPGLe chiendent est mort en partie, mais il y a dans la terre des fentes de sécheresse, impressionnantes, hein !
Pas question de planter directement. On amène l'eau de la source et on arrose la terre. évidemment, les fentes absorbent toute l'eau, comme on le voit sur la photo de droite.

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On recouvre le tout de paille que l'on arrose encore.
On va laisser le tout reposer un peu, quitte à réarroser demain. Pas question de planter dans un truc aussi sec.
Qu'y mettre ? ma foi uniquement des plantes nées ici, et solides. Sinon elles n'arriveront jamais à pousser.

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Sur le côté du bosquet, la situation est meilleure.
Il y a 20 ans déjà nous avions remarqué que la partie sud était la plus pauvre, et que ça s'améliorait en remontant vers le nord.

L'herbe est bien morte, le sol n'est pas fendillé, même s'il est bien sec, la situation est bonne pour planter.
DSC_9166.JPGCommençons quand même par un très bon arrosage pour détremper l'argile.

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Un trou à la pioche, et hop, les plantes qui sont en pot depuis un ou deux ans. Il y a parmi elles des inconnues qu'il faudra faire reconnaitre, ce sont des boutures données par un collectionneur.

et voilà, il n'y a plus qu'à laisser pousser quelques années. Le pauvre noisetier a l'air bien maigrichon, j'ai noté au passage qu'il faudra le rabattre cet hiver.

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samedi 2 mars 2013

La pluie dans le Lauragais

Depuis la dernière semaine de décembre jusque mi-février le temps a été gris et il est tombé l'équivalent d'un tiers de la pluviométrie annuelle .
Le lac s'est rempli et a débordé, de même que la mare du poney et la source , ce qui a permis à tous les bassins d'être remplis. On entendait le bruit de l'eau qui coule des fossés dans la mare, ça faisait longtemps que ce n'était pas arrivé.

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Le petit ruisselet minuscule de 10 cms de large près du gué s' est transformé en marécage.

lac._2.jpg

On est passé d'un extrême à l'autre, d'une terrible sécheresse deux années consécutives à un trop plein d'eau qui n'arrivait plus à être absorbée, créant des flaques et des mares et noyant les racines .

Climat décevant disait Jean Odol avec raison, on ne peut dire mieux. Il faut remonter à décembre 2003 et janvier 2004 pour trouver une pluviométrie supérieure, 400 mm , l'équivalent de plus de 6 mois de pluie en 2 mois.
Ces pluies succédent à la canicule de l'été 2003 qui avait fait également des dégâts.
Pas étonnant que la végétation ici ne soit pas aussi opulente et belle qu'ailleurs; après être quasiment mortes de soif les plantes risquent de se noyer car la terre est très argileuse. Les plus affaiblies par la sécheresse, comme le cytise ne devraient pas s'en remettre .
Et si je ne parle pas du vent violent et desséchant qu'est l'Autan c'est qu'exceptionnellement il n'y en a pas eu grace à ce long épisode de pluies.
D'ici quelques semaines , on pourra faire le bilan sur la santé des plantes de cette succession d'évènements extrêmes mais ce sera d'autant moins grave qu'on est en train de passer d'un jardin très contrôlé à un jardin semi-sauvage où on laisse plus de libertés au plantes:
on a beaucoup appris de ces épisodes exceptionnels en ce qui concerne l'entretien du jardin. Les plantes s'adaptent, nous aussi.

mardi 9 octobre 2012

La pluie dans le Lauragais : vers la sécheresse ?


Ah la pluie ! L'arlésienne que la météo annonce et qui ne vient jamais.
Parlons-en alors, suite d'un article bien plus vieux (clic ici pour le voir)
(d'ailleurs si vous voulez voir tous les articles sur le climat, eh bien cliquez à droite sur le tag ''Climat''.

Cet été a été très sec, vraiment :
  • Juillet : 35 mm 
  • Août : 52 mm
  • Septembre : 32 mm
C'est encore pire que l'année dernière, qui pourtant a été la plus sèche depuis notre arrivée.
Voici l'évolution de la pluviométrie relevée par Martine depuis le début :

Capture.JPG
On part de 750 mm  en 95, on descend vers 600, lentement mais sûrement.
550 en 2012, on pensait que c'était un record, mais cette année est encore pire, avec 320 mm depuis janvier.

Comment faire ? Sachant que nous ne voulons pas arroser souvent.
Saule

D'abord pas d’acharnement thérapeutique ; ça veut dire que les plantes qui ne supportent pas les climats secs ne survivront pas, tant pis.
Ci-contre à gauche dans le bois à l'est ce que ça donne sur un vieux saule tortueux : il n'a aucune chance de pousser. Ses branches maitresses, qui avaient plus de 10 ans, ont séché peu à peu. On l'a ratiboisé, mais il n'arrive pas à repartir.
Tant pis !

Buis nouveau

À droite, c'est un buis que nous avons planté il y a deux ans. Pourtant on l'a arrosé plus souvent, puisque c'est une nouvelle plantation. Entouré de plantes déjà en place, il a bien du mal à s'implanter.
Dans un autre coin, encore plus sec, deux autres buis pourtant arrosés toutes les semaines n'ont pas réussi du tout. Le manque de pluie a été renforcé par un épisode caniculaire.

Vue la tendance de l'eau à tomber de moins en moins, il faut que nous sélectionnons de plus en plus les endroits où nous plantons, et les plantes qu'on y met. Aujourd'hui on commence à bien connaitre le terrain, ça aidera !

ça ne se voit pas tellement

L'avantage d'avoir un grand jardin, c'est qu'on peut s'appuyer sur les structures d'ensemble, sans être obnubilés par les détails qui ne se remarquent pas.

rocaille1.jpg
Par exemple,
voici un coin de la rocaille grise, dont les plantes sont en phase de repos très avancée ...
C'est moche, hein ?

Mais en fait ça ne se voit pas tellement dans l'ensemble de la rocaille :rocaille2.jpg

 La structure est donnée par les conifères (ceux qui survivent à ces conditions météo, mais là on en a parlé dans l'article de l'année dernière). La partie peu reluisante de la photo précédente est en plein milieu, sous le petit conifère  (qui fait quand même plus d'un mètre de haut)

En plein été, le sol herbeux est tout sec, sauf aux abords nord de la maison, c'est très curieux de voir ça :

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La différence est impressionnante entre la partie gauche sèche (que l'on voit encore mieux sur la photo de la rocaille) et la partie droite, plus proche de la maison, et bien plus verte, sans doute parce que la pente est moindre et que la maison elle-même bloque un peu l’eau.



ARROSAGE

A part les jeunes plants, et comme on vient de le voir ça ne marche pas toujours bien selon l'endroit, nous n'arrosons pas.
Toutefois quand il n'a pas plu depuis trois semaines, je commence un arrosage de survie avec l'eau de la source. Comme elle ne donne qu'un mètre cube par jour, il me faut un peu plus d'une semaine pour arriver à faire le tour des massifs.

Cette année j'ai fait ça en gros une fois par mois.

Bien sûr, ça ne permet pas d'avoir des zones bien vertes, c'est juste pour que les principaux arbustes qui sont au repos forcé ne meurent pas de soif.

Les plantes ont cependant l'air de souffrir, elles passent au repos, perdent souvent leur feuilles, ce n'est pas ravissant, c'est sûr !
C'est pourquoi nous avons créé la zone d'accueil du parking, supportant beaucoup mieux la sécheresse, qui donne une impression de légèreté indispensable :

parking2.jpg  

moutons_2.jpg

Enfin juste devant la serre, à côté de la porte d'entrée, on a une zone très fleurie qui est considérée comme une grande potée, traitée comme telle, et arrosée toute les semaines si besoin:

dimanche 10 juin 2012

Comment le désert recule

Depuis longtemps je voulais écrire ce billet, voila qu'il pleut, ce qui m'en donne le temps, le jardin est beau et n'a pas besoin de moi.

Sur le parking, décaissé sur une quinzaine de cms, puis empierré il y a 20 ans, on a rajouté successivement deux couches de gravillons orangés de la Montagne Noire.

Cet endroit sans matière organique, uniquement minéral, était destiné à être un parking sans entretien.
Après une dizaine d'années, l'idée d'une bordure fleurie à sa limite destinée à créer un accueil agréable tout en empêchant le chiendent d'avancer s'est imposée.

Et là, surprise, très vite les plantes le colonisent .

parc3.jpg

D'abord les très frugales supportant la sécheresse, comme les sedums acres et le sedum album, suivis des verveines de Buenos-Aires et des stipas tenuifolias toutes deux très à l'aise et se ressemant à profusion. Ces plantes colonisatrices bien implantées créent un obstacle quand il y a du vent et les feuilles mortes s' entassent à leur pied , bientôt transformées en terreau. Quand elles meurent les racines aussi apportent de la matière organique où d'autres graines vont s'installer à leur tour. Les gauras, le thym, les coquelicots et les pavots apprécient aussi.


cercle

Peu à peu le désert minéral se transforme et les plantes amatrices de terrains bien drainés s'y plaisent et se ressèment à profusion.
Un exemple amusant: le pluviomètre est installé sur un manche à balai à 1 mètre de la bordure fleurie et sert de pivot à un mini-massif qui s'est installé autour, cet obstacle favorisant l'installation de nouvelles plantes formant un cercle autour. Les moutons ont déménagé pour l'été et accentuent le cercle formé.

cercle.jpg

Bien sur ici comme ailleurs au jardin, la liberté, pas l'anarchie. Je bine régulièrement, en tout cas j'essaie, les herbes et plantes indésirables (un jour un autre article à ce sujet) là où je veux préserver la netteté minérale du parking net . La régularité s'impose car sinon l'envahissement s'accélère: matière organique stoppée autour des jeunes plants égale nouveaux semis spontanés, et ça va vite!

dimanche 18 mars 2012

Nettoyage de printemps

Mi mars.

Le froid s'en est allé d'En Galinou. Le soleil revient, ça bourgeonne, sauf ceux qui n'ont pas supporté les -15 nocturnes pendant deux semaines.
Nous commençons par un nettoyage bien vigoureux, sécateur à crémaillère et tronçonneuse de rigueur.

buddleia.jpg
Rajeunir les buddleias en les coupant très bas. C'est une opération que je ne fais pas tous les ans, car je la trouve bien brutale. mais là elle est nécessaire, les vieilles branches sont toutes moches.

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Tous nos Phormium sont morts, gelés à coeur.
Les feuilles viennent quand on tire dessus.
C'est un peu normal, c'est une plante très peu rustique. Il vient de Nouvelle Zélande il faut dire (son ancien nom en français, c'était Lin de Nouvelle-Zélande)
Il va falloir piocher je pense.

mermaid.jpg

mermaid
Un seul rosier a vraiment souffert, c'est Mermaid, un rosier splendide, mais malheureusement un peu sensible au froid.
Je l'ai taillé très fortement, mais je ne pense pas qu'il repartira.
Toutefois, l'espoir faisant vivre, je lui laisse une chance. 

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Les phlomis en général n'ont rien dit, sauf l'italicum qui n'aime ni le froid ni le sec.
Ah, si, les hybrides arbustifs / vivaces nés ici ont gelé aussi. Ça c'est très curieux ! leurs parents ne craignent rien, et eux sont fragiles. 

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Les romarins arbustifs et rampants, les sauges et autres plantes de plein soleil n'ont guère apprécié non plus.

Heureusement c'est quand même le printemps, et les Prunus fruitiers démarrent !
l'abricotier "Canino"et l'amandier ardéchois sont ravissants. abricotier amandier

vendredi 10 février 2012

après la sécheresse, le gel

Sécheresse ou gel durable, dans les deux cas les plantes ne peuvent pas boire.
Ces deux calamités réunies en si peu de temps, on saura au printemps ce qui a résisté à tout . Mes voisins disent que ça éliminera la vermine. Mais oiseaux et insectes s'en chargent bien il me semble.
Je ne crois pas que nous ayions de grosses pertes car le jardin a été conçu pour résister à beaucoup de choses, mais quand même, des gelées plus de dix jours consécutifs avec des nuits jusqu'à -14 , ce n'est pas fréquent.
Le lac est complètement gelé depuis plusieurs jours .

lac_gele.jpg

Les succulentes restées dehors avec leurs tissus remplis d'eau devraient trinquer mais j'ai des sauvegardes dans la serre qui ne descend pas en dessous de 3 ou 4 degrés sans chauffage, tout le monde s'y porte bien.
Les orangers du Mexique devront surement refaire leur feuillage, certains arbustes devront reprendre du pied.
En attendant de pouvoir évaluer les dégâts la neige persistant dans les allées offre un joli paysage .

jardin_enneige.jpg

dimanche 29 janvier 2012

mais si, l'hiver est beau

Les mains commençaient à me démanger:quand-est-ce qu'on plante!
J'ai renoncé aux plantations d'automne à cause de la sécheresse, mais la sécheresse étant toujours là, on s'est décidé à arroser à la pompe le massif de Cléa pour pouvoir y installer des plantes en attente depuis plus de 6 mois.
Cléa a 9 mois, il est temps de planter son arbre de naissance ( un tulipier de Virginie fastigié) et tant qu'on y est plein d'arbustes de bonne compagnie dont la rose Félicia au rose frais et délicat comme ses joues.

Deux jours après la plantation, il a fallu aller ranger la pompe: il fait autour de 0°, avec un vent du nord froid et très désagréable,un temps humide et couvert.
La météo annonce une semaine glaciale.
J'en ai profité pour faire quelques photos car malgré ce temps maussade il reste des choses agréables à découvrir.

Sans sortir on a vue sur le parking, ses oiseaux en fer et ses potées de succulentes qui résistent vaillamment au froid. De toutes façons il y a des potées de sauvegarde dans la serre. J'aime aussi beaucoup les phormiums panachés qui restent gais et pimpants.

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La vue sur le lac est toujours agréable, je le vois au loin en ce moment même alors que je tape ce billet, mon bureau étant tout près de la porte d'entrée vitrée.

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Côté nord, c'est en faisant la vaisselle qu'on profite de la vue sur la table où mangent les oiseaux .
Les potées en céramique apportent un côté brillant bienvenu quand il fait froid, même quand les plantes , des pensées en ce moment, sont au repos.
Et puis la rocaille a toujours des plantes à feuilles persistantes qui maintiennent son intérêt au fil des saisons.

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Si on a le courage de sortir, les couleurs éclatent avec le cornouiller winter-flame, taillé régulièrement pour favoriser les jeunes pousses orange pétant.
Il répond aux chênes qui se prennent pour de gros champignons.

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Dans la rocaille ce sont les jasmins d'hiver et leurs petites étoiles jaunes qui leur répondent.

rocaille.jpg

Et en regardant de plus près, quelques floraisons annoncent déjà le printemps à venir.

L'arabis fernandi-coburgi se plait au soleil comme à l'ombre, ne craint ni le froid ni le sec, c'est la plante couvre-sol idéale, n'était sa tendance à étouffer ses voisins moins vigoureux.

arabis_fernadi.jpg

Pour finir ce petit tour hivernal, les perce-neige évidemment:

perce-neige.jpg

lundi 10 octobre 2011

La sécheresse continue dans le Lauragais

Il ne fait pas chaud, mais il ne pleut toujours pas dans notre pauvre jardin d'En Galinou.

Les conifères commencent à beaucoup souffrir, même ceux qui sont là depuis 20 ans. http://www.galinou.fr/album/saisons/secheresse/slides/2011%2010.jpg

Regardez ces pauvres-là :
L'herbe est complètement sèche, la terre à nu et les branches commencent à mourir, ça craint !

juniperus de sec Je ne suis pas sûr que le Juniperus s'en remettra. Les juniperus aiment en général les terrains un peu plus humides ! On en a perdu pas mal depuis 2003. La grande majorité disons ! Il y a deux ans, on a découvert chez Filippi un genévrier de sécheresse : Juniperus chinensis 'Kaisuza' .Il supporte parfaitement, au moins pour l'instant, ces conditions. Il est planté en milieu de rocaille, avec plein de couvre-sols au pied pour l'abriter un peu.


Les Thuya - en général - supportent beaucoup mieux notre jardin, mais là, la zone est particulièrement aride et pauvre en même temps (beaucoup de glaise). D'ailleurs on voit tout à droite un orientalis qui ne moufte pas. Aussi, tout à gauche il y a un cyprès, et comme tous les Cupressus sempervirens du jardin, il est assez indifférent à la sécheresse, leur forme pointue est particulièrement structurante, c'est parfait. On a même réussi à en implanter dans un endroit où peu de choses poussent. Ce n'est pas le cas de tous les cyprès : les gros Cupressus macrocarpa sont tous morts peu à peu à partir de 2003.

columnaris
Dans un autre coin, nous avons un Chamaecyparis lawsoniana"Columnaris", le dernier chamaecyparis du jardin, il a plus de 20 ans et lui aussi est mal en point.

lundi 29 août 2011

Résister à la sécheresse

Sur les sites, magazines et livres de jardinage , on trouve des conseils pour protéger les plantes de la sécheresse, planter les bons végétaux,arroser correctement, biner ou au contraire pailler. J'ai pris le parti, une fois les plantes bien installées , de les laisser se débrouiller, sauf pour les plantes en pots évidemment.

Ce n'est pas toujours facile de voir les plantes se recroqueviller ou sécher,comme c'est le cas en ce moment, mais si c'est désagréable à nos yeux, en général elles n'en meurent pas. Les plantes ont développé des stratégies pour résister à la sécheresse , notre aide n'est pas toujours indispensable heureusement.

Les feuilles des bambous se replient et s'enroulent sous l'effet de la déshydratation mais évitent ainsi de perdre plus d'eau en présentant moins de surface au soleil: aux premières gouttes, elles se déplieront à nouveau.

Les cerisiers et les érables à feuilles fines comme les negundo perdent déjà leurs feuilles qui sont sèches et craquantes, ce n'est pas cette année que nous aurons de beaux feuillages d'automne, mais on peut commencer à ratisser! Du coup ces arbres n'ont pas à nourrir leurs feuilles, ce qui consommerait beaucoup d'eau, ils se mettent au repos et préparent le printemps avec de nouveaux bourgeons .

feuilles

D'autres arbres aux feuilles plus dures comme les frênes et les érables platanoides résistent encore mais ne vont pas tarder à suivre le mouvement si la sécheresse se prolonge et ce sera encore un triste automne au jardin, ce qui arrive ici assez fréquemment Mais en attendant, ils balancent de nombreuses graines partout, qui assureront leur descendance à coup sur tant elles sont nombreuses.

Heureusement que les plantes ont plus d'un tour dans leur sac: toutes les plantes grises ou poilues évaporent moins et sont donc bien adaptées au soleil et au sec: si en plus les feuillages sont très petits c'est encore mieux: c'est le cas du thym, du romarin qui en plus contiennent des huiles, mais aussi des pins ou des sapins comme abies pinsapo.

D'autres vont chercher l'eau très en profondeur, avec de grandes racines pivotantes: c'est la raison pour laquelle j'ai toujours pensé que ce n'était pas une bonne idée de mettre des goutte-à-gouttes qui empêchent l'installation des racines en profondeur, ni de planter de grands sujets qui ont poussé en pots où leurs racines ont poussé en rond: les jeunes plants sont préférables , ils développent des racines profondes et rattrapent leur retard de démarrage.

Il existe bien d'autres façons de résister au sec, mais si j'ai songé à écrire ce billet , c'est en observant le faux vernis du Japon (ailanthus altissima) arbre envahissant qui a une stratégie vraiment très maline : il envoie des racines superficielles dans tout son environnement et quand il y trouve de bonnes conditions, de l'eau surtout, il fait des rejets nombreux qui deviendront des arbres si on les laisse: comme on a un vernis à 10 mètres d'une haie qu'on a tenue arrosée pendant 4 ans, c'est là que ce fichu arbre ressort, balançant ses racines à plus de 20m du pied d'origine, ressortant à de multiples endroits tout du long de la haie plus fraiche... Un vrai pique-assiette. D'ailleurs il n'est pas le seul, je suis obligée de déplacer souvent les pots sur la terrasse Nord car les racines de la vigne vierge y remontent par le trou d'écoulement et s'y installent au détriment des plants et boutures, sans compter qu'elles bouchent le trou d'écoulement!

Il y a quand même une plante vedette à cette période,c'est le sedum spectabile et ses cousins: non seulement son feuillage gras reste d'un vert pâle très frais mais il a le bon goût de fleurir maintenant et d'apporter une fraicheur bienvenue . Il est sobre, sans souci et se fiche bien du soleil et du manque d'eau. Voila pourquoi il est indispensable au jardin en cette saison.

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dimanche 24 juillet 2011

Pluie (toujours) sur le jardin d'En Galinou

Il continue de faire gris et de pleuvioter. J'ai même froid ! en fin juillet ! Je parie que c'est parce que Martine n'est pas là, il a commencé à faire ce temps juste avant son départ, et je parie que ça va s'arrêter la semaine prochaine.


Le vent souffle principalement de Toulouse. Il est fort quand même et a fait tomber le vieux conifère qui soutenait l'une de nos glycines germées ici. J'ai essayé de le relever, mais c'est trop difficile seul, il va falloir qu'on trouve un autre système. Peut-être une double arche en fer à béton ? faut que je vois avec la cheffe.